Le congé pour création ou reprise d’entreprise
22 novembre 2008Les conditions d’ouverture du droit au congé pour création ou reprise d’entreprise
Il s’adresse à tout salarié:
- dont l’ancienneté dans l’entreprise ou au sein du même groupe est égale ou supérieure à 24 mois (consécutifs ou non)
- dont le projet est de créer ou de reprendre une entreprise
- détenant le contrôle effectif de l’entreprise créée ou reprise (minimum le gérant).
La durée du congé
La durée du congé pour création ou reprise d’entreprise est fixée à une année, renouvelable une fois à condition que le salarié en informe son employeur par lettre recommandée avec avis de réception, trois mois au moins avant le terme de la première année.
Les formalités afférentes au congé
Le salarié doit en faire la demande à l’employeur deux mois au moins avant le début du congé, par lettre recommandée avec avis de réception ou lettre remise en main propre contre décharge. Elle doit impérativement préciser la date de départ prévue, la durée envisagée, l’activité de l’entreprise qu’il prévoit de créer ou de reprendre.
Le droit au congé pour création ou reprise d’entreprise ne peut être exercé moins de 3 ans après la précédente création ou reprise d’entreprise.
La réponse de l’employeur:
- L’accord de l’employeur est communiqué au salarié par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge, dans les trente jours suivant réception de la demande. Passé ce délais, l’accord est réputé acquis.
- Le départ en congé peut être reporté (et non refusé) si un certain nombre de salariés sont déjà en congé pour création d’entreprise. Le quota est fixé à 2% de l’effectif ou du nombre de jours travaillés, selon que l’entreprise compte plus ou moins de 200 salariés au sens de l’article L.620-10 du Code du Travail. Le report est également possible, sans justification, dans la limite de 6 mois, à compter de la présentation de la demande.
- Le refus est possible dans les entreprises de moins de 200 salariés, si l’emploeyur estime, après consultation des représentants du personnel, que l’absence du salarié peut avoir des conséquences préjudiciables pour l’entreprise. Il doit alors motiver sa décision.
Le refus peut être contesté devant le conseil de prud’hommes dans les 15 jours qui suivent la réception de la lettre de l’employeur.
La situation du salarié pendant le congé
Le contrat de travail est maintenu, il est suspendu. Le salarié qui prend un congé continue à faire partie des effectifs, mais l’employeur n’est pas tenu de le rémunérer. Il n’acquiert ni ancienneté ni droit à congés payés. Il ne peut exiger de réintégrer l’entreprise avant le terme de son congé, sauf mention expresse dans sa demande.
L’issue du congé
Deux options dont possibles à la fin du congé. Trois mois au moins avant le terme, le salarié informe (par lettre recommandée avec avis de réception) de sa décision de:
- réintégrer l’entreprise. Il retrouve son emploi précédent ou similaire et sa rémunération.
- rompre son contrat de travail. Il n’a pas à effectuer de prévis.