Les conditions de validité de la démission
Jeudi 20 novembre 2008L’Art. L.122-4 précise que « chacune des parties liée par un contrat de travail conclu pour une période indéterminée peut à tout moment mettre fin à son engagement. »
La démission est un acte unilatéral de volonté par lequel un salarié (en CDI) signifie à son employeur qu’il entend mettre fin à sa collaboration.
Ce droit à la démission est un droit d’ordre public, on ne peut y faire échec par aucune convention entre les parties.
Le caractère sérieux et non équivoque de la démission
Elle soit résulter d’une manifestation claire du salarié de sa volonté de rompre son contrat de travail. Cette manifestation peut résulter de l’envoi d’une lettre de démission, d’une annonce verbale.
La démission ne se présume pas. Elle doit résulter d’un acte clair et non équivoque : les juges se fondent sur les circonstances de fait.
Le fait de démissionner sous le coup de la colère ou de l’émotion ne constitue pas une rupture sérieuse et non équivoque du contrat de travail. La responsabilité de la rupture ne sera pas imputable au salarié chaque fois que celui-ci a agi sous la contrainte patronale.
Le comportement fautif de l’employeur peut être à l’origine de la démission du salarié. Dans ce cas,les juges peuvent assimiler la démission à un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Les manifestations de la volonté de démissionner
A la différence du licenciement, la démission n’est soumise à aucune procédure particulière, sous réserve des dispositions conventionnelles. Certaines conventions collectives exigent l’envoi d’une lettre de démission. La lettre manuscrite est la forme la plus utilisée pour exprimer sa volonté de démissionner.
La démission peut être verbale mais pour ne pas pouvoir être remise en cause il doit apparaître qu’elle ait été donnée en toute indépendance d’esprit.
Les démissions implicites
La démission ne se présume pas. La jurisprudence exige que l’intention de démissionner du salarié apparaisse comme « sérieuse et non équivoque » et analyse avec attention les circonstances de la rupture du contrat de travail. Il peut y avoir démission :
- Lorsque le salarié s’engage au service d’un autre employeur
- Si le salarié cesse spontanément son travail en ne donnant aucune explication et en ne justifiant aucun arrêt de travail (l’employeur ne peut pas considérer comme démissionnaire le salarié qui ne reprend pas le travail à la date fixée pour son retour de congés mais le retour tardif peut constituer un motif réel et sérieux de licenciement pour faute).
Le contrôle du juge et les éléments de preuve
Ce sont les juges du fond qui apprécient souverainement s’il y a ou non démission. Ils se fondent sur les circonstances entourant la démission. Les juges peuvent ainsi requalifier la rupture s’ils estiment :
- Qu’il n’y a pas eu manifestation claire de volonté de la part du salarié
- Que la démission est la conséquence nécessaire des agissements de l’employeur (exemple en cas de paiement tardif des salaires)
La requalification de la rupture par les juges entraîne l’application des règles relatives au licenciement.